Mistral

Il arrive sans crier gare
Et l'air mugit de toutes parts.

Il bondit, il court, il dévale,
Il décoiffe les provençales.
Quand, de colère, il s'époumone,
La gent à plumes se cramponne,
Pins et cyprès courbent l'échine,
Chacun s'agrippe à ses racines,
En rafales il fouette l'espace,
La mer écume et se fracasse.

A bout de souffle, à court de zèle,
Il se couche sous les tonnelles.
Des genets jaunes aux volets verts
Il a tout repeint de lumière.

 

Louise Duty